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Wednesday, January 22, 2014

de de jouer sous sa direction son cinquième concerto « qui n'a aucun succès lorsque lui, Prokofiev le joue ». Le succès est retentissant ; nous sommes en 1941, et ce n'est pas tant une carrière qui est lan

ski, Oleg Boshniakovich, Radu Lupu et bien d'autres, Heinrich Neuhaus considérait Richter comme « l'élève de génie qu'il avait attendu toute sa vie », estimant qu'il n'avait « presque rien » apporté à ce dernier3.
À l'âge où la plupart des grands piomposition peu de temps après son installation à Moscou. Des années plus tard, Richter expliquera ce choix : « La meilleure façon que j'ai de m'exprimer est la mienne, je ne vois pas pourquoi j'ajouterais de la mauvaise musique dans ce monde ».
Derrière le rideau de fer[modifier | modifier le code]
Avant même le début de la Seconde Guerre mondiale, il était évident que le mariage des parents de Sviastolav Richter était un échec ; sa mère était tombée amoureuse d'un autre homme. Comme Teofil Danilovich Richter était d'origine allemande, ce dernier fut rapidement soupçonné d'espionnage par les autorités soviétiques. La famille avait un projet pour fuir le pays vers l'Ouest, mais celui-ci n'était organisé que pour trois personnes. Anna Pavlovna Richter refusa de quitter Odessa en raison de son nouvel attachement amoureux qui aurait porté à quatre les candidats à l'exil ; aussi tous restèrent à Odessa, ce, d'autant plus facilement, que Teofil Richter acceptait tacitement cette situation matrimoniale. Il fut ainsi sacrifié au choix amoureux de son épouse. En effet, Teofil Danilovich Richter, est arrêté, peu de temps après l'Opération Barbarossa, le 25 août 1941, condamné à mort pour espionnage le 3 octobre 1941 par un Tribunal militaire et fusillé le 7 octobre 1941 à Odessa avec vingt-trois autres suppliciés. Teofil Danilovich Richter sera réhabilité par la Cour suprême d'Union soviétique le 1er février 19624. Sviatoslav Richter resta, quant à lui, en Union soviétique. Il ne revit plus sa mère pendant près de vingt ans, celle-ci s'étant installée en Occident (Allemagne) avec son amant ; il ne put le faire que brièvement, peu de temps avant la mort de cette dernière, lors de sa première tournée américaine3.
À Moscou, Prokofiev le remarque et lui demande de jouer sous sa direction son cinquième concerto « qui n'a aucun succès lorsque lui, Prokofiev le joue ». Le succès est retentissant ; nous sommes en 1941, et ce n'est pas tant une carrière qui est lancée qu'une légende qui est née1.
À compter de cette date, Richter sillonne l'Union soviétique, élargissant progressivement son répertoire jusqu'à des proportions encore probablement inégalées (sans compter la musique de chambre, et une quantité d'opéras, dont la totalité — texte et musique — de l'œuvre wagnérienne, il a dans la tête et dans les doigts, à la fin de sa vie, l'équivalent de quatre-vingt programmes de récitals). Cependant, pour des raisons peu claires, et qui sont en réalité d'origine familiale, il n'est pas autorisé à se rendre à l'étranger, si ce n'est dans les pays du bloc socialiste. Mais Richter ne sollicite rien, n'ambitionne rien, que ce soit en termes de gloire internationale ou de confort personnel, contrairement à la plupart de ses collègues, auxquels seules des tournées de concerts en Occident permettent quelques améliorations de leur situation matérielle. Il est également le seul des grands solistes de sa génération et de son pays à écarter, moins par volonté délibérée que par radicale indifférence — ce n'est pas un rebelle, mais un réfractaire — toute appartenance au Parti communiste. Une carrière exclusivement soviétique ne lui fait pas peur, Richter n'a en fait peur de rien. Il n'offre aucune prise, ce sera sa grande force1.

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